PREMIER DéNOMBREMENT DES ITINéRANTS EN 2025 AU BAS-SAINT-LAURENT

Le Bas-Saint-Laurent fera partie du prochain grand dénombrement des sans-abris au Québec, qui doit avoir lieu en avril 2025, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent. La nouvelle est bien accueillie dans la région, même si la période choisie en fait sourciller certains.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a ciblé le 15 avril comme date pour effectuer ce recensement dans toutes les régions du Québec, selon le CISSS.

L'organisme précise que cette date n'est pas encore coulée dans le béton du côté du Ministère, mais le CISSS se prépare déjà à cette vaste mobilisation qui nécessitera la participation de plusieurs organismes et bénévoles sur le territoire, de La Pocatière à Matane.

Contrairement au dernier dénombrement effectué en 2022, toutes les régions du Québec y participeront, nous confirme aussi le CISSS. Dans l'Est-du-Québec, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie feront donc partie de l'exercice pour la première fois alors que la Côte-Nord avait participé au dénombrement de 2022.

Le directeur des services en santé mentale et dépendance pour le CISSS du Bas-Saint-Laurent, Éric St-Jean, qualifie ce dénombrement de gros projet. C'est vraiment une grande concertation entre les intervenants du réseau, les organismes communautaires, la Sûreté du Québec, illustre-t-il.

M. St-Jean ajoute que l'exercice est essentiel. C'est quelque chose d'important et l'on ne le prend pas à la légère, parce que les chiffres qui vont ressortir après cela vont faire foi de tout pour la suite des choses, explique-t-il.

Des interrogations sur la date ciblée

Que le Bas-Saint-Laurent fasse partie du dénombrement, en soi, nous, on est content, indique d'emblée le directeur de l'organisme de travailleurs de rue En tout C.A.S., à Rimouski, Luc Jobin.

La dernière fois, on n'y avait pas été pour des raisons qui m'échappent. Et c'est probablement ce qui a complexifié l'ensemble des actions pour lesquelles on avait entrepris des choses, renchérit-il.

Il qualifie tout de même la période choisie de prématurée.

Est-ce que cette photo-là va représenter fidèlement ce qu'on a comme phénomène ici? Je me permets d'en douter, ajoute-t-il.

Éric St-Jean convient que la date choisie n'est peut-être pas la plus propice. Peut-être que pour nous, dans notre région, ça aurait peut-être été plus représentatif à l'été. Mais cela étant dit, le 15 avril 2025, on va être là avec toutes les équipes, avec les bénévoles, ajoute-t-il.

M. St-Jean précise que certains itinérants plus visibles en été peuvent demeurer dans la région l'hiver et ainsi fréquenter les organismes du Bas-Saint-Laurent qui prendront part au dénombrement. Peut-être qu'on va être en mesure, de par nos intervenants aussi, de capter ces gens-là même si ce n'est pas encore visible totalement, nuance-t-il.

Pour sa part, le maire de Rimouski souhaite laisser les spécialistes commenter le moment choisi, mais c'est clair qu'on a besoin d’un dénombrement, estime Guy Caron.

On ne peut pas vraiment se fixer une approche quantitative à savoir si notre effort fonctionne ou non sans avoir des chiffres de base dont les autres régions peuvent disposer, note le maire.

Une situation sans précédent dans le KRTB

À l'ouest du territoire, la directrice du centre de crise La Bouffée d'air du KRTB applaudit aussi l'initiative. Je suis contente. Si le gouvernement et les régions participent à cela, c'est qu'on reconnaît qu'il y a un réel problème et une réelle urgence de s'en occuper. C'est déjà une bonne nouvelle, estime Hélène Chabot.

Elle convient tout de même que le dénombrement ne sera pas parfait. Le portrait va être ambivalent, va être plus ou moins juste, mais c'est un premier pas, pense-t-elle.

Ce dénombrement est d'autant plus attendu que la région du Kamouraska, de Rivière-du-Loup, du Témiscouata et des Basques fait actuellement face à une situation difficile, selon Mme Chabot. Son centre de crise héberge en ce moment sept personnes en situation d'itinérance sur un total de neuf chambres disponibles pour des gens en crise.

Cette année, je n'ai pas vu la vague venir. Je la trouve immense. Pour moi, c'est la première année que ça se manifeste avec autant d'intensité, admet-elle.

Questionné au sujet de ce dénombrement à venir, le MSSS n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

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